Portrait de notre guide
Architecte urbaniste, René Mathé est l'un des "mousquetaires" fondateurs du Parc Interrégional du Marais poitevin, créé en 1976. Originaire du Vanneau (petit village maraîchin) et après avoir beaucoup voyager de part le monde, René a reposé ses bagages dans son cher Marais pour y bâtir sa carrière professionnelle et sa vie familiale.
Pour lui, l'architecture du marais est un mélange de douceur, de simplicité mais surtout de pragmatisme car comme il le souligne "le maraîchin ne doit et ne devra jamais oublier qu'il vit sur et avec l'eau, omniprésente". L'architecture du Marais est riche car les matériaux utilisés étaient à porté de main (bois, roseaux, tourbe, arhile...). Paradoxalement, la construction des dépendances était plus importante que celle des maisons d'habitation... Et pour cause, la vie du maraîchin était là : grange, fenil, écurie... nécessaires pour entreposer ce que le Marais lui offrait et qui le faisait vivre.
Pour René Mathé, l'architecture, aujourd'hui dans le Marais, doit évoluer avec son temps tout en respectant les valeurs ancestrales, qui restent les témoins d'un savoir faire lié à la typologie particulière du site.
Son premier coup de coeur : Saint Georges de Rex
"Équilibre, harmonie, bonhomie" sont les qualificatifs qui illustrent le mieux le village. Ancienne motte féodale (exceptionnel dans le Marais), Saint Georges possède encore des éléments de patrimoine très marqués comme sa grand'place de village herbeuse (ancien champ de foire), le tabernacle du XVIIIème, le prieuré avec quelques éléments médiévaux, ses venelles et surtout ses lavoirs.
Signe de "vie rurale", René pointe plus précisément son choix sur deux lieux :
Le Pigeonnier, entièrement restauré au siècle dernier, et dans lequel les architectes du XXème ont laissé leur empreinte : à observer au sol, des oiseaux blancs incrustés dans le dallage. Une symbolique imagée !
Situé au coeur du village, dans un cul de sac, le Lavoir du Révérend est un havre de paix. Bordé de jardins privés, c'est un lieu idéal aujourd'hui pour une pause lecture, un rendez-vous galant, mais espace social important par le passé. Un panneau apposé sur le site témoigne de l'importance de ces lieux de vie pour les maraîchins. En voici les mots en substance : "du jardinage à l'usage domestique, l'eau vive qui sourd ça et là aux confins de la plaine est précieuse à la vie du village : mieux vaut la capter avant qu'elle n'aille se perdre dans le marais tout proche".
Prochain rendez-vous proposé par René Mathé : Saint Hilaire la Palud, la "capitale" du marais sauvage !