
Rencontre avec Camille Gougnard, maraîchin pure souche, aujourd'hui artiste qui a choisi de représenter le Marais en noir et blanc.
A quel âge avez-vous découvert cette passion pour le dessin, la peinture et le noir et le blanc ?
En 1948, un instituteur, prénommé Robert, est arrivé dans mon village d'Arçais, et il a été le déclencheur. J'avais 8 ans et c'est là, que j'ai vraiment commencé à dessiner. Les lectures de l'instituteur le samedi après-midi nous emmenaient dans des voyages fantastiques. Ses mots nous fascinaient. Tous les samedis soirs après la lecture, j'allais demander à l'instituteur un cahier de dessin. Je réalisais pendant le week-end, une belle gouache que je ramenai le lundi matin à l'école, l'instituteur était ravi.
Au début, je ne souhaitai pas en faire mon métier. En 1984, je me suis essayé à peindre le Marais en noir et blanc devant des touristes puis finalement je me suis lancé, je n'avais rien à perdre, et j'ai très vite réalisé que cela plaisait beaucoup. De plus, dessiner devant des gens m'a permis de combattre ma timidité naturelle. De plus mon art était nouveau, il étonnait et finalement intéressait.
Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Je montre la nature, le paysage maraîchin, ce paysage que je connais depuis que je suis tout petit. C'est souvent le même sujet, mais ça ne sera jamais le même dessin. Je peux trouver mon inspiration aussi bien à l'extérieur, au plus près de la nature, que dans mon atelier. Devant ma feuille blanche, j'ai déjà dans la tête ce que je veux dessiner.
Une idée de balade dans le Marais ?
Je pars avec un gros handicap, je suis incapable de choisir. J'aime tout, j'aime partir à pied, à vélo, en barque. Toutes les saisons, tous les jours, toutes les heures, il n'y a pas un moment pareil dans le Marais, tout est différent à chaque instant.
Où peut-on vous retrouver ?
Au hasard de vos balades, vous pourrez me retrouver dans le Marais avec mes cartons sous les bras, mes plumes à chercher mon inspiration et à dessiner. Je suis également très présent lors des manifestations culturelles du Marais. Enfin, j'assure des permanences à la Grange de Camille (espace d'expositions artistiques sur les bords de la Sèvre Niortaise à Coulon) durant la période estivale en présence d'autres artistes peintres, photographes ou sculpteurs.
Camille Gougnard, si vous étiez..
Une saison dans le Marais ?
L'automne, un merveilleux mélange de couleurs.
Un personnage historique ?
Henri IV, c'est grâce à lui qu'il y a eu les grands travaux, la signature de l'Edit de Nantes.
Une gourmandise ?
La mojette, le haricot blanc du Marais. Je baigne dedans depuis que je suis tout petit. En sortant de l'école, je ne rentrais pas à la maison mais j'allais donner un coup de main aux personnes qui semaient la mojette. La mojette est une institution dans le Marais.
Un animal ?
J'adore mes vaches. Elles ont toujours quatre pattes dans la terre, et la terre c'est fait pour marcher dedans. Les vaches sont également les vraies représentantes de leurs régions.
Une fleur ?
J'en peins en noir et blanc, ça peut paraître curieux. Ce ne sont pas vraiment des fleurs, elles n'existent pas mais je donne l'impression que ce sont des fleurs. Ma fleur préférée est la violette, une fleur d'une grande sensibilité.
Une musique ?
Le chant des feuilles dans les peupliers. C'est très musical et vivifiant. Si on ferme les yeux, on entend, on voit des ruisseaux de montagne.